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L'utilisation irresponsable de produits chimiques au Burkina Faso

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Published on Feb 10, 2014

L'utilisation irresponsable de produits chimiques dans le coton et dans l'orpaillage occasionne des pertes de 15,1 milliards de FCFA par an au Burkina Faso

Les produits chimiques sont en croissance continue. Ils sont indispensables dans plusieurs secteurs des activités humaines telles que l'exploitation minière, la production industrielle, la production d'énergie, l'agriculture ou la santé.

Au Burkina Faso, la pollution des sols, des eaux et de l'air causée par l'utilisation, le stockage et l'élimination impropre des produits chimiques est une réalité. Tant les pesticides et fongicides utilisés dans l'agriculture comme le cyanure et le mercure utilisés dans l'orpaillage artisanal, mettent en danger des communautés entières et freinent le développement socio économique du pays.

Le Burkina Faso connait une activité d'orpaillage florissante. Près de 700 000 familles burkinabè vivent des retombées de l'or, qui a devancé le coton comme principal produit d'exportation. Malgré ses avantages pour l'économie du pays et les populations, l'orpaillage artisanal est à la base de nombreux problèmes.

L'utilisation anarchique du cyanure et du mercure pour amalgamer et capter l'or qui se trouve dans les minerais a pris des proportions dangereuses. Il est estimé que les effets de l'utilisation du mercure et du cyanure affectent 850.000 personnes et sont responsable de pertes équivalentes à 19,2% de la valeur ajoutée de l'orpaillage.

Malheureusement, les épisodes comme ceux vécus à Gombousgou, oû des populations sont intoxiqués après avoir bu de l'eau contaminée ou encore comme à Warweogo oû des orpailleurs avaient utilisé du cyanure tout au long du fleuve WAARE entre le Burkina et le Ghana sont des épisodes encore trop courants.

L'endommagement de l'ADN et des chromosomes ou encore de la fonction cérébrale et des capacités d'apprentissage, tels sont certains effets du mercure sur la santé humaine. Le cyanure par contre peut entrainer des convulsions, lésions, coma et finalement l'arrêt cardiaque.

Au Burkina Faso, près de 2/3 des travailleurs des mines artisanales présenteraient au moins 3 symptômes d'exposition chronique au mercure .

Le coton constitue l'un des secteurs les plus importants en termes de contribution au PIB du Burkina. La culture du coton fait vivre près de 3 millions de personnes en milieu rural.

Dans la culture du coton, l'usage croissant de pesticides pour faire fasse à la dégradation des sols et des conditions climatiques génère des impacts négatifs équivalant à 6,5% de la valeur ajoutée du secteur. Environ 350 produits différents sont connus pour être utilisés. Y compris certains herbicides, insecticides et fongicides illégaux.

Les pesticides et fongicides peuvent s'accumuler dans la chaine alimentaire et contaminer les milieux naturels, santé humaine, biodiversité, eau et sols. Cette bioaccumulation peut engendrer des troubles de reproduction, maladies chroniques, cancers et malformations. Dans tous les cas les intoxications liées à l'utilisation des pesticides donnent lieu à des pertes de capacités de travail et des coûts de traitement et d'hospitalisation.

Une étude sur l'utilisation des pesticides au Burkina Faso montre que plus de 46% des travailleurs interrogées ont souffert de symptômes d'intoxication . Soit, plus de 1.630 millions de journées de travail perdues par an.

L'Initiative Pauvreté et Environnement a estimé le coût de l'inaction dans la gestion des produits chimiques dans le secteur du coton et dans l'orpaillage artisanal à 4,2 milliards de FCFA par an, soit 9.3 millions de dollars USD, pour la production du coton et à 10,9 milliards de CFA par an, soit 24.2 millions de dollars USD, pour l'orpaillage.

Ces coûts ne sont pas pris en charge ni par les fabricants, ni par les autres acteurs de la chaine d'apprivoisement. Ils sont supportés par les victimes et les systèmes de protection sociale.

Les dommages environnementaux relevés peuvent être évités par une meilleure gestion des produits chimiques et un renforcement des contrôles des obligations légales existantes.

Ainsi qu'une amélioration de la formation des producteurs et des orpailleurs, des individus en contact direct avec les substances chimiques et par une utilisation systématique de technologies plus propres.

L'Initiative Pauvreté et Environnement a estimé qu'une meilleure gestion des produits chimiques nécessite des dépenses annuelles d'environ 25 millions de dollars au Burkina Faso. Pour les deux secteurs, le coût de l'action est significativement inferieur aux coûts de l'inaction .

Il est donc très rentable du point de vue économique d'initier des actions de remédiation qui sont fondamentales au bien être des générations actuelles et futures de burkinabés.

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