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Jean-Louis Murat, M maudit

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Published on Jan 17, 2010

Un titre de l'album de Jean-Louis Murat, "Le Cours Ordinaire des Choses" sorti en septembre 2009.
"plein de déchets
plein de baisers
plein de secrets
comme un b.b
plein de raclées..."
Ou comment un petit lai au coeur de kôan, habillé de soie d'haïku peinte à l'huile de solo de pedal steel, vous laisse groggy sur le carreau de votre maudite platine en vinyle non encore convertie au MP thrill.

Que Murat se complaise dans le "maudit" avec un grand M, je ne le crois pas. Comme le notait un écrivain depuis sa bicoque de Meudon en 1960, "la maladie d'être maudit est une vieille maladie, vieille comme le monde, dont toute la littérature est pourrie...". Souvent un titre de JLM possède une double entrée [émoticône 'blink' supprimée par l'auteur], il peut aussi vouloir nous maudire (M maudit...), en jurant en joual comme un québécois de Chicoutimi. Son consentement à maudire ne dit mot en revanche, sur un quelconque contentement qu'il aurait à en psalmodier les effets.

Le rapprochement (inévitable?) avec le "M" de Fritz Lang est à prendre comme un hommage à Jean-Louis Murat. Murat est le complet opposé du "Mörder" joué par Peter Lorre. Pour moi, c'est l'un des plus puissants évocateurs de la mémoire du temps de l'enfance dans la chanson et la poésie françaises, (souvenons-nous de Au Mont-Sans-Souci et Chante Bonheur)...et je ne parle pas par-là de la 'poésie des poètes'. Habitant, comme tout le monde, les bas-fonds d'une 'Mauditropolis'(-pour être honnête) du vingt et unième siécle, hantée par les spectres de tous les enfantillages, et que ne reconnaîtrait pas Lang, il nous en-chante les moyens d'en sortir.

Et puis de toute façon, "M maudit" fait entendre bien plus l'homophonique "Aime maudit" dans nos oreilles qu'autre chose...Que veut-il dire dans cette chanson? qu'il est dans l'amour, malgré toutes les chausse-trappes et tous les nids de poules qui pavent les chemins de l'industrie du disque et ceux de la vie..? sans doute, mais aussi qu'être un "mordeur" (mordre la pomme de la vie à pleines dents et quelquefois dépecer la bêtise dans la même bouchée) peut décrire l'habituel état d'une personne qui n'a pas peur de faire le don d'une part de son âme.
Après tout il existe des morsures cicatrisantes et des mots cinglants qui agissent comme des baumes.
Mordre dans la genèse du baiser de la connaissance des autres, le Paradis c'est autrui, pourrait dire M (qui n'est pas du Paraclet, le gentil 'paramour').
"Si le grain à moudre le mordre ne meurt, alors les greniers du baiser seront replets du beurre des bons sentiments " selon un proverbe du Vivarais en usage vers 1788...Démettre les vampires et se mettre aux anges, c'est comme s'ébattre dans la fange, et aller s'rincer sous une pluie de myrrhe, c'est dur au début, même pire, mais après, ce sont les fruits de la Maison du Jouir qu'on engrange.

(dans mon bout de vidéo j'essaye de montrer un Murat qui, loin d'être un Hibernatus ou un "Ötzi perdu dans la montagne", serait plutôt comme un Tristan à la grande voile de spinnaker blanche déployée au grand vent de la poésie ayant vaincu le signe indien du roman de Chrétien, de Béroul ou de Thomas, quelqu'un capable comme personne de se renouveler tel un Phénix de la neige (je crois que l'avalanche est son phénomène naturel préféré), de passer des sons majestueux qui fichent les frissons de l'album Tristan-fait-à-la-maison, aux éclats savoureux des instruments du Cours Ordinaire qui consonnent depuis le chaudron de Merlin des grands chefs-cuistots-musiciens d'un studio américain, en un enivrant fumet qui met l'eau de la musique à la bouche, dans la plus limpide et goûteuse des simplicités.
ou quand le son de Nashville rencontre la chambre d'échos d'Orcival). Heureuse Lady.

en résumé : Murat n'est pas un M moody du genre Moldu à se faire Seppuku quand bien même la bise de la mode fût venue.

PS: Je viens de relire "Minimum Respect" de Philippe Muray (un grand M maudit lui aussi) et je me suis amusé à me laisser frapper par certaines correspondances de style entre our man Jean-Louis et l'antipoésie de Philippe. Dans le texte de Muray on trouve des "comme un Renoir", des "comme des moutards" et des "ont des bavoirs"...dans tout bon album (cf "What a rotter", in le dernier Luke Haines, "21st Century Man"), peut-être l'auteur se réserve-t-il un titre où il aime lâcher prise. Comme on lâche un venin, dissolvant du bon goût de l'image que l'on peut avoir de soi-même...

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