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Titre complet : Au service des langues et de leur enseignement : l’humaniste plurilingue Jacques Bourgoing
Plus d'informations sur http://espe.pf/jre
Résumé :
Dans l’histoire de la langue française, et plus largement des langues européennes, le XVIème siècle joue un rôle absolument capital. Alors que seules les nobles langues antiques telles que l’hébreu, le grec et le latin étaient estimées et employées dans les cercles intellectuels du savoir médiéval, le rapport de force tend à s’inverser. Du moins ces aïeules antiques voient-elles surgir une concurrence de plus en plus affirmée avec l’avènement sur la scène linguistique des vernaculaires, en particulier français, italien et espagnol. Le latin demeure la langue savante privilégiée, mais les humanistes œuvrent à l’acquisition, par les « sœurs » européennes, de leurs lettres de noblesse.
C’est dans ce contexte de tensions multilingues que se positionne un auteur méconnu, fervent défenseur des vernaculaires : Jacques Bourgoing. Il publie en 1583 un dictionnaire inachevé rédigé en latin : le De Origine usu et ratione vulgarium vocum linguae Gallicae, Italicae et Hispanicae [De l’origine, usage et raison des mots vernaculaires des langues française, italienne et espagnole]. Dans ce volume jamais traduit avant nous, l’auteur convoque au besoin la langue hébraïque, le grec, mais encore l’italien et l’espagnol ou à la marge l’allemand, en plus du français, pour expliquer d’où viennent les mots et expressions vernaculaires, ce que sont les équivalents français, italiens et/ou espagnols, certains de leurs composés ou dérivés, tout en illustrant ses propos de citations littéraires, antiques pour la plupart. Cet ouvrage éclectique revêt un caractère spécifique et novateur : réunir les langues vernaculaires sous le patronage de l’origine. Les hypothèses étymologiques sérieuses y côtoient des propositions plus fantaisistes. Alors que nous dit-il du rapport entre les langues au XVIème siècle, d’un double point de vue diachronique et synchronique ?
Comment pense-t-il leurs interactions, parentés, complémentarités ou rivalités ?
Cette œuvre atypique soulève la problématique du statut et du rapport entre les langues. Elle entre donc à ce titre en résonance avec les réflexions actuelles autour du français et des langues régionales, dont le tahitien, même si les rôles se sont inversés puisque c’est à présent le français qui occupe, comme le latin autrefois, la place de langue dominante. L’œuvre de Bourgoing rejoint ainsi des problématiques très contemporaines, y compris en Polynésie, d’autant plus qu’elle se double d’une visée éducative. Linguiste et pédagogue, Bourgoing fonde en effet en 1598 une Académie parisienne pluridisciplinaire à destination des élites nobiliaires. Dans quelle mesure sa réflexion métalinguistique nourrit-elle son ambition pédagogique ? Que nous apprend-il non seulement de l’histoire des langues mais encore de leur enseignement ?
Dans un double cadre linguistique et éducatif, notre analyse du De Origine et de la Harengue dans laquelle Bourgoing présente son Académie conduira à la conclusion que Bourgoing, en mettant en lumière leurs connections et richesses respectives, se fait le chantre de la promotion des langues, de toutes les langues, sans reléguer les vernaculaires au rang de latines corrompues. La modernité de ses préoccupations se lit dans les résonnances qui s’opèrent avec les réflexions linguistiques et métalinguistiques contemporaines, y compris dans le contexte éducatif polynésien. En imposant dans son Académie un apprentissage en langue vernaculaire, cet esprit novateur en démontre la richesse, au service d’un plurilinguisme assumé voire revendiqué.
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