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Titre complet : Le français utilisé en Polynésie française : caractéristiques, usages et représentations. Quelle place dans l’enseignement en Polynésie française ?
Plus d'informations sur http://espe.pf/jre
Résumé :
Si l’on peut poser l’existence de nombreuses variétés de français dans l’aire francophone, leur usage par les locuteurs et la créativité de ces derniers pour les adapter aux situations de communication qu’ils rencontrent (Valdman 1979), la question à laquelle les enseignants sont confrontés est de déterminer quel français enseigner. Régulièrement posée depuis les années 1960 dans l’enseignement du français, comme langue maternelle, comme langue seconde ou comme langue étrangère, cette question implique de s’intéresser à la norme ou aux normes (Holtzer 2009 : 13-27), ne serait-ce que pour savoir quoi enseigner et comment évaluer les usages et productions d’élèves.
Les diverses dénominations attribuées au français utilisé en Polynésie française, parmi lesquelles sont fréquemment employées : le « français-tahitien », le « franco-tahitien », le « français local » montrent la difficulté de le nommer, de le caractériser, de reconnaître son existence sauf en opposition au français dit « de France », au français « normé » ou au français « standard ». Ces variations, phonologiques, lexicales, sémantiques ou syntaxiques, sont généralement perçues comme « non normées », voire fautives, d’autant qu’à celles-ci s’ajoute la pratique de l’alternance codique qui consiste à utiliser en alternance des mots de reo tahiti et de français dans une même interaction. Ce phénomène est présent dans de nombreuses autres aires linguistiques plurilingues (avec le français, ou non) puisque, selon J.-F. Hamers et M. Blanc (1989), c’est une stratégie de communication courante chez les locuteurs bilingues.
Les représentations collectives, et individuelles, des locuteurs sur les variétés du français sont donc plutôt négatives, et s’organisent par rapport à un français normé idéalisé, le bon usage de la langue, enseigné à l’école. Les élèves, utilisant le français de Polynésie française dans (presque) toutes les situations de la vie quotidienne, mesurent l’écart de cette variété linguistique avec celle de l’école et se trouvent en insécurité linguistique (Francard 1989 : 151).
Reconnaître l’existence de la variété de français utilisée en PF permettrait de modifier les représentations sur la langue, ses usages et ses locuteurs et d’en donner une image plus positive, créative et dynamique, comme toutes les variétés de l’aire francophone. Prendre en compte dans l’enseignement ces variétés, aux côtés du français de métropole, permettrait aux élèves de mieux comprendre que l’usage d’une variété est liée à une situation donnée, et qu’apprendre une langue c’est apprendre en même temps comment l’utiliser et dans quelles circonstances (Bourdieu 1984 : 98). Ce changement de représentations influe sur les comportements langagiers des locuteurs et sur les comportements d’apprentissage d’une langue/des langues des élèves. Dans des situations de F.L.S. ( J.-P. Cuq 2003 : 108-109), linguistes et didacticiens, soulignent la nécessité de prendre en compte la variété locale à l’école, sans toutefois se limiter à celle-ci, et précisent : « qu’elle a sans doute intérêt à [lui] accorder une certaine valeur didactique. » (Cuq, Gruca 2002 : 82). Mais quelle est cette « valeur didactique » ? Pour tenter de répondre à cette question, il conviendrait de s’interroger sur ce qu’est le français de Polynésie, la place et le rôle qui lui seraient accordés dans l’enseignement, pour quels objectifs et quels publics, quels en seraient les avantages et les inconvénients. Les travaux lexicographiques menés sur le français de Belgique par M. Francard (1986 : 71-79) et le Centre de recherche Valibel, par exemple, montrent une évolution certaine de l’insécurité linguistique des locuteurs face à l’usage d’une variété du français, de leurs représentations et de leurs comportements langagiers, ainsi qu’une volonté de faire évoluer l’institution scolaire par l’intégration de la variation linguistique en classe.
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