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Portrait Olivier Nord - France(s) territoire liquide

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Published on Jan 4, 2015

Depuis le mois d’avril 2001, j’avais l’intuition que je souhaitais travailler sur une petite ville sans intérêt patrimonial, touristique ou historique. Je venais de terminer le premier tome de L’Homme sans qualités de Robert Musil et je crois que je cherchais donc une ville sans qualités. Je n’ai pas eu à chercher longtemps, car celle où j’ai grandi, située dans le département de la Loire, en était l’exact reflet. Tous les ingrédients de l’archétype d’une ville française : son église, son avenue de la Gare, sa zone commerciale, sa petite cité, ses lotissements, et même son McDo ! Et pour autant une ville sans réel intérêt, si ce n’est d’être traversée par la nationale 89 entre Lyon et Clermont, dont elle se trouve quasi à mi-chemin. Elle est également un territoire que je connais très bien pour y avoir passé de belles années jusqu’à l’âge de 18 ans et l’obtention de mon bac. C’est à cette date que j’ai quitté cette ville. C’est aussi à partir de là que mon cheminement artistique a lentement commencé à se préciser.
Voilà, cela me faisait donc un terrain de jeu et une technique pour le traiter, mais rien encore de très précis. Et il y a eu encore pas mal de détours… Examiner le parallèle entre l’image de cette ville consultable sur internet et le monde réel fut la première piste qui me parut intéressante. Elle entrait d’ailleurs en résonnance avec mes travaux sur les « Tableaux » réalisés en Espagne et dont la matière première provenait très souvent d’internet. Elle faisait aussi écho à l’édition 2011 des Rencontres d’Arles et son exposition « From Here On » consacrée aux évolutions numériques de la photographie.
Mon intention initiale était de faire des photographies dans le monde « réel » de cette ville et de les confronter à des images prises sur internet, telles que des vues Google Street ou des images piochées çà et là. Internet n’en manquait pas, même pour cette petite ville. Au cours de l’été 2011, j’ai donc commencé à réaliser une série de photographies à laquelle, je dois bien l’avouer, j’ai pris pas mal de plaisir. Explorer les marges, retrouver certains lieux de mon enfance. Parallèlement, j’ai accumulé des images issues de photos et de vidéos. Ma première idée était de rassembler l’ensemble de ces clichés par le biais du dessin numérique, mais aussi par un traitement de l’image qui pourrait se rapprocher du « miroir de Claude » (miroir noir) que Jean-François Chevrier évoque dans l’un de ses textes du catalogue de la DATAR.
À l’issue de la réunion suivante avec le groupe de France(s) territoire liquide, au mois de novembre 2011, j’ai enfin pu toucher du doigt mon projet. J’allais me concentrer sur des photos issues d’internet et aborder le paysage par le biais des jardins et des images vernaculaires. Des clichés faits par d’autres pour une fonction tout autre que celle de l’intention artistique. J’allais utiliser des photos d’agences immobilières sélectionnées grâce au code postal de cette petite ville. Avec Claire, mon amie, nous avions parallèlement décidé de nous installer plus durablement dans le sud de la France et nous étions nous-mêmes en pleine recherche d’une maison entre Aix et Marseille. J’étais donc rodé pour ce qui était des annonces immobilières.
La tâche s’est révélée longue et parfois douloureuse, mais petit à petit la douzaine d’images constituant mon projet a fait son apparition. Chaque dessin était assez laborieux ; et, passé l’excitation de travailler sur une nouvelle image qui me plaisait, venait le temps nécessaire pour remplir minutieusement ma page et les cases me permettant d’organiser le dessin. J’avais l’impression de partir à la bataille chaque matin lorsque j’empoignais le stylet de ma tablette graphique et que j’appuyais sur « play » pour écouter Kill ’em All, le premier album de Metallica. Eux seuls savaient trouver les mots pour me soutenir…
Le premier dessin a été commencé en janvier 2012 et le dernier achevé en 2013.
À partir de photographies d’annonces immobilières visibles sur internet et présentant plus spécifiquement des jardins, ma démarche a donc consisté à détourner la fonction commerciale initiale de ces images pour leur donner un statut poétique. Reproduites sous la forme de dessins numériques hyperréalistes, ces images vernaculaires issues d’une forme de banalité peuvent alors être tirées sur un papier photographique et prendre une forme plastique pour devenir « objets ». Elles prolongent ainsi ce premier statut d’« information » numérique de faible définition visible sur un écran pour devenir de petits tableaux de paysages.

Retrouvez toutes les photos dans le livre de France(s) territoire liquide : http://www.fictionetcie.com/ouvrage/f...

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