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Titre complet : Quelle métalangue pour enseigner le tahitien et le comparer au français ? Étude diachronique de la terminologie grammaticale en usage à l’école polynésienne
Plus d'informations sur http://espe.pf/jre
Résumé :
Le développement de l’enseignement de toute langue s’accompagne de l’essor d’un discours réflexif sur son fonctionnement et génère donc un attirail terminologique destiné à la décrire (ex. syllabe, phrase, verbe, etc.). Ce vocabulaire technique conçu pour parler de la langue est communément appelé « métalangue ». Or, comme le rappelle Claude Vargas (2009, p. 29), la métalangue en circulation dans l’espace scolaire n’est pas obtenue « par transposition didactique des savoirs savants, mais par recomposition de savoirs hétérogènes, certains obtenus à partir de la linguistique par emprunts-modifications, d’autres conservés de la grammaire scolaire déjà-là ». Notre communication, qui s’inscrit dans le cadre de la didactique des langues et de la grammaire (Besse & Porquier, 1991) et des approches plurielles (Troncy, 2014), vise à rendre compte de l’évolution de la métalangue utilisée pour décrire le tahitien à l’école. À travers l’analyse d’un corpus de documents authentiques consacrés à la grammaire de cette langue, depuis les premières descriptions missionnaires du 19ème siècle (inter alia Davies, 1988 [1851]), jusqu’aux instructions officielles contemporaines (BO, 2012), en passant par les supports d’enseignement diffusés dans les classes, nous montrerons, d’une part, comment la métalangue appliquée au tahitien, d’abord inspirée des grammaires gréco-latines, s’est progressivement émancipée grâce à l’apport théorique et méthodologique de la linguistique et, d’autre part, comment ces connaissances nouvelles ont été digérées par l’école. Une autre question connexe contemporaine est celle de la genèse progressive d’une métalangue en tahitien au motif légitime que le tahitien peut parfaitement se décrire en tahitien, plutôt qu’en français (inter alia Peltzer, 1995 et Raapoto, 2002). Même si elle n’apparaît pas formellement dans les instructions officielles, cette métalangue en langue (ex. ta’o, ‘irava, niu, fa’ai’oa, tohu, etc.) est utilisée dans la formation des enseignants de tahitien à l’université et il importe de mesurer sa convergence avec la métalangue française. Enfin, parmi les justifications de l’enseignement plurilingue, outre les objectifs communicationnels, plusieurs auteurs soulignent sa contribution au développement des compétences métalinguistiques des apprenants grâce au jeu de la comparaison entre les langues (inter alia Candelier, 1986 ; Vernaudon, 2009 ; Launey, 2014). Les programmes actuels de Polynésie française pour les cycles 2 et 3 disposent d’ailleurs que « l’apprentissage d’une langue vivante est l’occasion de procéder à des comparaisons du fonctionnement linguistique avec le français » (Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, 2016). Cette comparaison suppose cependant que l’on s’entende a minima sur une métalangue partagée, ce qui ne va pas toujours de soi lorsque l’on a affaire à deux langues appartenant à deux familles linguistiques, la famille austronésienne pour le tahitien et la famille indo-européenne pour le français, et typologiquement relativement distantes. Pour illustrer ce point, nous partirons de l’exemple du terme « verbe », communément en usage dans la métalangue scolaire appliquée à la fois au tahitien et au français, pour montrer qu’il recouvre une réalité morphosyntaxique très différente dans le deux langues et que la comparaison impose implicitement une autre acception sémantique plus générale (Haspelmath, 2010). Derrière une même étiquette, les enseignants et leurs élèves manipulent donc en fait trois concepts différents.
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