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Les 1ers diplômés de Thot sur le Grand reportage BBC Afrique 31/01/2017

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Published on Feb 1, 2017

L'école où les migrants apprennent le français (article à retrouver sur http://www.bbc.com/afrique/monde-3882...)

En France, l'École Thot, une école pour migrants, a remis début janvier dans les prestigieux locaux de la Sorbonne à Paris, les diplômes de français à ses élèves.
Créée en juin 2016, Thot a lancé sa toute première session de cours pour apprendre le français.
Le concept est simple : des classes de dix élèves, dix heures de cours par semaine données par un enseignant unique pendant 16 semaines, afin de passer un diplôme.
Les élèves, venants de pays en guerre, notamment africains, étaient motivés pour apprendre le français afin de s'insérer dans la société.
Beaucoup d'entre eux ne parlaient pas un mot de français, arrivés en France.
La responsable pédagogique de l'École THOT appelle les élèves un à un pour leur remettre le DILF, diplôme initial de langue française.
Sous les applaudissements, ils viennent recevoir le précieux document sous les yeux des camarades, des professeurs, et du recteur de l'académie de Paris. Émus, certains d'entre eux ont fait part de leurs projets à la BBC.
Eizou A., élève soudanais, arrivé en France en 2015, a du mal à cacher son émotion.
"Je suis très, très heureux, je viens de prendre le diplôme de l'École Thot. Je suis très, très heureux. Merci beaucoup, je remercie tout le monde, tout le monde", a-t-il déclaré.
Pour sa part, Yahia pense à ses parents à ce moment précis.
Il a quitté il y a plusieurs années la Somalie.
Les élèves, venants de pays en guerre, notamment africains, étaient motivés pour apprendre le français afin de s'insérer dans la société.
Les élèves, venants de pays en guerre, notamment africains, étaient motivés pour apprendre le français afin de s'insérer dans la société.
Journaliste, il a eu des ennuis avec les autorités somaliennes à cause de ses reportages.
Avec ce diplôme, il souhaite exercer son métier à l'avenir ici en France.
"Je vais continuer encore, et je vais faire beaucoup d'efforts aussi parce que si je suis journaliste, il faut continuer, apprendre et après travailler ici comme journaliste comme d'habitude", ajoute-t-il
L'École Thot, du nom du Dieu du savoir de l'Égypte antique, a ouvert sa première session de quatre classes en juin dernier proposant des cours de français.
La formation s'étale sur 4 mois à l'issue desquels les migrants passent un diplôme reconnu au niveau européen.
Les élèves sont pour la plupart afghans, soudanais, somaliens et tchadiens.
La formation est gratuite.
Ils donnent seulement un montant symbolique de 7 euros pour marquer leur engagement.
Tous ont fui les guerres, et la misère.
C'est le cas d'Abdallah qui a dû quitter le Soudan.
La formation a été très dure ici à Paris.
"C'est un peu difficile pour moi parce que moi au Soudan, je ne suis pas allé à l'école. Ma première école, c'est ici. Et maintenant ça va aller. Après moi, je veux parler bien français, j'en ai besoin, je veux aller à l'université", indique-t-il.
Les élèves sont pour la plupart afghans, soudanais, somaliens et tchadiens.
Les élèves sont pour la plupart afghans, soudanais, somaliens et tchadiens.
Les responsables de l'École Thot sont très satisfaits des résultats.
Ils ont obtenu 93% de réussite chez les élèves de la première session de juin.
Judith Aquien, co-fondatrice et directrice de l'école.
"Ils ont tous obtenu leur diplôme en 16 semaines alors qu'ils n'avaient pas ou peu été scolarisés dans leur vie, ils ne partaient pas avec des armes très puissantes en apparence, mais en réalité l'arme la plus puissante qu'ils avaient, c'était leur volonté, et leur désir absolu de s'inclure dans notre pays par la langue", déclare-t-elle.
Selon les professeurs, les migrants ont toujours une volonté plus grande.
Parmi les diplômés aujourd'hui, certains ont traversé cinq pays à pied, a rappelé l'une des enseignantes.
Ikhlas vient du Soudan.
En arrivant en France, elle ne parlait pas un mot de français.
Aujourd'hui, elle peut entreprendre ses démarches administratives et se déplacer sans problèmes.
"Je parle le français pour aller à Pôle Emploi, la mairie ou l'école. Avant j'habitais à Niort, maintenant j'habite à Paris, à côté du Stade de France. Avant je ne connaissais pas, maintenant je connais, lire le français bien, comme cela je peux faire un aller-retour, c'est plus facile pour moi", dit-il.
Parmi les diplômés aujourd'hui, certains ont traversé cinq pays à pied, a rappelé l'une des enseignantes.

Parmi les diplômés aujourd'hui, certains ont traversé cinq pays à pied, a rappelé l'une des enseignantes.
Pour les élèves diplômés, leur parcours ne s'arrête pas là.
Tous veulent poursuivre l'apprentissage de la langue française pour mener à bien leurs projets professionnels.
La deuxième session de formation de l'École Thot a commencé le 14 novembre dernier.
Le succès de cette initiative se confirme, puisque ce sont 67 étudiants qui se sont inscrits, permettant d'ouvrir une classe supplémentaire.

Nadir Djennad, Paris, BBC Afrique, le 31/01/2017

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