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Bérurier Noir

https://archives.zonemondiale.fr/collections/berurier-noir

Fils illégitime de l’adjoint de San-Antonio, Bérurier Noir voit le jour en 1983 lors d’un concert d’adieu… Boîte à rythmes et guitare électrique font écho à une énumération monotone de faits-divers sordides, de manifestes nihilistes et d’histoires psychiatriques. Cette ultime performance minimaliste pousse finalement François et Loran à poursuivre l’aventure et à auto-produire leurs premiers disques.
Le duo enchaine les concerts dans les petites et moyennes salles, les squats, la rue, le métro parisien, les manifs ou les amphis de fac, où ils incarnent une sorte d’effervescence insurrectionnelle, enragée et contagieuse…

Au fur et à mesure de leurs apparitions, ils sont rejoints par une raïa d’agité-e-s qui illustrent, gueulent et gesticulent les chansons du groupe sur une bande-son de plus en plus brute et tranchante.
En 1986, alors que la radio NRJ se voit obligée d’acheter le 45t "l’Empereur Tomato-Ketchup" pour le diffuser sur ses ondes, la vague alternative bat son plein : fanzines, lieux, labels, radios, groupes et collectifs rythment toute une scène rock contestataire qui commence largement à déborder dans la sphère sociale et politique du pays. Sous haute surveillance policière, Bérurier Noir prend d’assaut le Zénith de Paris, imposant ses conditions (places à 50 balles, service d’ordre assuré par des proches du groupe, nombreux stands associatifs, militants, antifascistes et libertaires) et propose aux 6800 personnes présentes un spectacle total où s’entrecroisent déguisements loufoques, refrains acérés, nez de clowns grotesques et sifflets rageurs contre une société qui cherche à étouffer sa jeunesse révoltée.

Après 7 ans d’insolentes réussites, mais aussi de galères épuisantes, d’espoirs déçus et d’envies décalées, Bérurier Noir décide de se faire hara-kiri à l’Olympia. Pendant trois nuits, la salle frémit sous les hymnes de révolte du mouv’ment d’la jeunesse, avant que le groupe ne signe définitivement l’armistice du rock, le 11 novembre 1989. Antinomie de ce suicide, les Bérus sont au sommet de leur art. Leur spectacle dépasse allègrement les deux heures de scène, au cours desquelles le groupe joue une trentaine de chansons. Chaque morceau fait l’objet d’une mise en scène où se succèdent les déguisements : Indiens métropolitains, Chinois rebelles, déserteurs internationalistes, les acrobates alternent avec les jongleurs et cracheurs de feu. Ce qui, sept ans plus tôt, n’était qu’une improvisation à l’aide de frusques de grenier a pris des allures théatrâles. Les slogans fusent, la foule exulte une dernière fois.
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