Des habitants paniqués incapables de fuir
Par Eva Bartlett
Juste de retour à Gaza ville après ramenée par une ambulance, après une nuit au centre de la Société du Croissant Rouge Palestinien, à l'est de Jabaliya, à 1km de la frontière où nous avons circulé avec les ambulances et passé une nuit de bombardement, sans protection, sans sécurité, comme la population du nord de Gaza.
Daprès les informations du bureau central à Gaza, je ne peux pas croire les bruits de bombe, bien quils ciblent la zone que je viens juste de quitter, comme ils lont fait toute la nuit. Depuis ici, çest comme comme un énorme masse frappant cette terre, la mettant en pièces. Et daprès ce que jai vu la nuit dernière, et les décombres aujourdhui, cela aurait pu être ça. Boum. Boum. Boum. Les bruits sourds font vibrer notre immeuble, comme sil était percuté par des coups de bélier, alors que ce nest que limpact des ondes de choc à quelques kilomètres. Essayez dimaginer ce que ça représente dêtre à quelques centaines de mètres de ces explosions.
Les frappes ont lieu toutes les quelques secondes, sans arrêt. Le bourdonnement du drone se fait plus fort, son niveau élevé avertissant que tout est sous surveillance, que tout sera bombardé.
Du 9ème étage, la vue de tunnels de fumée partout, épaisse, foncée, nocive, et particulièrement concentrée sur la région de Jabaliya et un peu plus au nord et à louest, à Beit Lahia. Jai senti cette fumée toute la nuit, et jai vu la brume ce matin. Le ciel illuminé par les explosions et les fusées éclairantes israéliennes. A un moment, dans la salle de bain sans lumière, jai regardé par la fenêtre. Là, sans voix pour me distraire, cétait la nuit et moi : les bombardements à quelques centaines de mètres, la tuerie insensée. Jai à nouveau perdu ma foi en lhumanité.
Les médecins et les Palestiniens ordinaires qui ont enduré la Nakba, loccupation, les invasions, lemprisonnement et les rations de famine sont ceux qui me ramènent à la vie, me donnent de lespoir, bien que leur propre situation soit tout-à-fait désespérée.
Quand le bombardement sest intensifié hier, commençant vers 15h avec les tanks amassés le long de la frontière de Gaza, les médecins ont rapporté que déjà alors, il y avait beaucoup dendroit où ils ne pouvaient pas atteindre les blessés. Avant que la Mosquée Ibrahim al-Makadma, près de Beit Lahia, soit attaquée, tuant 16 personnes et en blessant grièvement 50, dont 25 sont dans un état critique, les avions de guerre ont atteint une citerne à eau en ciment, énorme, au sommet de la colline qui surplombe le secteur Dawwar Zimmo, à lest de Jabaliya.
Ce qui me touche le plus maintenant, plus que les cadavres démembrés et brulés que jai vu il y a deux nuits, plus que lintensité des missiles qui tombaient tout autour de nuit la nuit dernière et le sentiment quà nimporte quel moment, les soldats des forces spéciales israéliennes pouvaient entrer et tirer cest la panique sur les visages des habitants. La panique en fuyant, la panique en essayant de trouver une ambulance pour les blessés, la panique même pour les chauffeurs des ambulances et les équipes. Ils ont vu beaucoup de choses, beaucoup font ce travail depuis dix ans ou plus, mais en ce moment, cest pire, bien pire que ce quils ont vu ou imaginé, me disent-ils.
Dans la lumière du matin, alors que notre ambulance tente datteindre un autre blessé, je vois de nouveaux flots de femmes, denfants et dhommes, portant quelques affaires. Deux enfants de 8 et 9 ans se cramponnent à des sacs de pain.
Se dirigeant vers lhôpital avec un blessé, notre ambulance en croise une autre allant dans la direction opposée. « Walla, montica khotera », dit notre chauffeur, en se penchant par la fenêtre (« cest vraiment dangereux là-bas »).
Bang, bang, bang bang. Ca continue, je dis, ça continue.
Je continue de travailler, sur différents articles, tellement de choses à dire. Joublie où je suis et je suis brutalement ramenée à la réalité par des bruits sourds renouvelés. Des bruits sourds. Je navais pas noté leur intervalle. 5 minutes ? 10 minutes ? 2 minutes ? Quoiquil en soit, ils recommencent, et sont-ils plus fort que jamais ? Quest-ce quil reste de terre, sans parler des gens, je ne sais pas.
Lurgence de sortir tout ça, de rapporter ce massacre, triomphe de tout besoin de sommeil (deux nuits sans) ou de chaleur (les fenêtres du bureau où je travaille ont explosé).
Je pense aux chauffeurs de lambulance et aux médecins, avec leurs personnalités fantastiques, leur humour, leur courage, et je sais que quelque part, ils sont en train de travailler au milieu de ça. Je pense aussi aux enfants que jai photographié là-bas hier.
La suite sur ISM
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=10800&type=temoignage
Mais que je suis bête! J´oubliais que ces messieurs si importants à qui j´ai dirigé mes deux messages s´occupent de choses beaucoup plus importantes que de venir sur You tube. Ils s´ocuppent de la guerre! Croyez-moi, oubliez la guerre et écoutez de la musique. C´est plus beau.
999mar 3 years ago
Impossible d'écouter de la musique quand les sionistes massacrent à Gaza. Aucune musique au monde ne pourrait me faire oublier ça. Sorry.
APOCALYPSIS9999 3 years ago
1.Le Hamas utilise la population palestinienne comme bouclier humain
2.Le Hamas stocke des armes de guerre dans Les mosquées, hôpitaux et écoles.
HONNESTVIEW 3 years ago
Les sionistes ne cessent de coloniser et de voler la Terre. Nos grands-parents se sont tous battus contre l'Occupation nazie. On les appelait des terroristes. Remettons les choses dans leur contexte. Rendre la Terre et finir l'Occupation ouvrira la porte de la Paix et la fin de la Résistance Armée.
APOCALYPSIS9999 3 years ago
Je suis bien d'accord avec toi, ce qui se déroule là est un grand malheur. Mais personne ne fait rien, c'est ça le pire.
APOCALYPSIS9999 3 years ago