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Une nouvelle cité et une place non aménagée qui devient la propriété des jeunes du quartier. C'est sur ce postulat que repose la première comédie musicale algérienne présentée en compétition officielle de la 22e édition du Fespaco. Essaha (La Place) de Dahmane Ouzid est un prétexte pour raconter les maux d'une jeunesse algérienne livrée à elle-même mais qui ne s'avoue pas vaincue. Kawazaki, fan de foot, Yacine et ses rêves de comédie musicale, Menad, Boualem, Hchicha, Moha et leurs voisines ont fait de la place leur arbre à palabre. La place, dont on doit décider de l'aménagement, catalyse l'attention de toute la communauté, aussi bien des riverains, que de l'Etat ou encore d'hommes d'affaires peu recommandables. Discuter de l'avenir de la place, c'est faire le dur apprentissage de la démocratie, de la préservation de l'environnement et de la nécessité de prendre ses responsabilités quant à son avenir. Essaha, c'est aussi la confrontation des anciens et des jeunes, les premiers faisant l'éloge du bon vieux temps, les seconds leur rappelant qu'il ne faut pas s'enfermer dans la nostalgie du passé. En chansons, Dahmane Ouzid parle des amoureux du banc public, de la puissance de Google qui peut localiser les squatteurs de la place mais aussi de l'impérieuse envie de concrétiser ses rêves d'ailleurs. Au désarroi qui donne des envies de suicide -- la corde n'attendant qu'un cou désespéré -, succède le difficile choix de devenir un harraga. Au risque d'abandonner sa place à des requins.
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