ou "chanson du printemps retourné" publié en 1586 dans le recuiel la fleur des chansons nouvelles, cet air s'inspire d'une chanson très célèbre à l'époque dans les milieux lettrés, "quand ce beau printemps je voy" de Pierre de Ronsard mis en musique par le luthiste Adrian le Roy . cette chanson détourne les vers de Ronsard d'une manière sinistre en faisant allusion aux évenements de l'année 1586, l'une des plus terribles de la période des guerres de religion .
interprétation : André Vessières, "Histoire de France par les chansons " Vernillat/Barbier 1974 disque 33t
Quand ce dur printemps je voy je cognois
toute malheurté au monde
je ne voy que toute erreur et horreur
courir ainsi que fait l'onde
plus il n'y a d'amitié ny pitié
plus n'y a de cortoisye
il n'y a plus de support ny confort
tout n'est plus que fascherie
nous voyons notre prochain qui a faim
endurer quasi la rage
sans lui donner verre d'eau ny morceau
c'est bien un lasche courage
nous voyons les grands amys ennemys
prest à se tuer l'ung l'autre
nous voyons le père cher deschasser
son enfant pour prendre un autre
nous voyons l'enfant divers et pervers
battre son père et sa mère
nous voyons un estranger nous manger
c'est un cruel vitupère
nous voyons tant de voleurs pleins d'horreur
qui pillent tuent et saccagent
ne craignant ni Dieu ny Roy d'un esmoy
vomissent dix mille rages
nous voyons les amoureux rigoureux
laissant leurs gentes maitresses
au lieu d'être gracieux et joyeux
portent dix mille tristesses
nous voyons les pauvres biens terriens
diminuer d'heure en heure
et les gentisl arbrisseaux vers et beaux
qui par le pied soudain meurent
nous avons eu tant de maux et travaux
guerre famine et peste
cruauté horreur effroy et esmoy
qui nous rompt quasi la teste
qui est cause de ce mal dur fatal ?
nos péchés ords et terribles
nous sommes comme bruteaux
animaux
a bien faire inutiles
nous ne tenons plus de foy ni de loy
tant nous sommes gens ignares
nous sommes esblouis des cieux gratieux
a tous nos peschez barbares
et changeons notre vouloir d'un espoir
et aussy nostre coustume
recognoissant nostre Dieu en tout lieu
nous ostera l'amertume
j'ai voulu par passe temps ce printemps
vous montrer estre fragile
afin de vous corriger et changer
sans estre plus inutile
Sous ta plume, Ronsard, monte en un bleu sourire
Le suc des matins frais succulents de couleurs.
Dans l’orgueil de tes mots, une belle se mire
Et célèbre à la fois ton génie et ses fleurs.
Un poète contemporain
ThierryCABOT 1 year ago