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Jessye Norman : "La Fleur des eaux" (Poème de l'Amour et de la Mer) by Ernest Chausson Part 1/2

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Uploaded by on Jun 9, 2009

Ernest Chausson (1855-1899)

Poème de l'amour et de la mer, op.19 ( poem by Maurice Bouchor, 1855-1929) / Poem of Love and the Sea / Das Lied von der Liebe und vom Meer)

I - La Fleur des eaux

Jessye Norman, soprano

Lane Anderson, cello

Orchestree Philharmonique de Monte-Carlo
Conducted by Armin Jordan
_
L'air est plein d'une odeur exquise de lilas,
Qui, fleurissant du haut des murs jusques en bas,
Embaument les cheveux des femmes.
La mer au grand soleil va toute s'embrasser,
Et sur le sable fin qu'elles viennent baiser
Roulent d'éblouissantes lames.

O ciel qui de ses yeux dois porter la couleur,
Bri se qui vas chanter dans les lilas en fleur
Pour en sortir tout embaumée,
Ruisseaux, qui mouillerez sa robe,
O verts sentiers,
Vous qui tressaillirez sous ses chers petits pieds,
Faites-moi voir ma bien aimée! ]

Et mon coeur s'est levé par ce matin d'été;
Car une belle enfant était sur le rivage,
Laissant erer sur moi des yeux pleins de clarté,
Et qui me souriait d'un air tendre et sauvage.

Toi que transfiguraient la Jeunesse et l'Amour,
Tu m'apparus alors comme l'âme des choses;
Mon coeur vola vers toi, tu le pris sans retour,
Et du ciel entr'ouvert pleuvaient sur nous des roses.

Quel son lamentable et sauvage
Va sonner l'heure de l'adieu!
La mer roule sur le rivage,
Moqueuse, et se souciant peu
Que ce soit l'heure de l'adieu.

Des oiseaux passent, l'aile ouverte,
Sur l'abîme presque joyeux;
Au grand soleil la mer est verte,
Et je saigne, silencieux,
En regardant briller les cieux.

Je saigne en regardant ma vie
Qui va s'éloigner sur les flots;
Mon âme unique m'est ravie
Et la sombre clameur des flots
Couvre le bruit de mes sanglots.

Qui sait si cette mer cruelle
La ramènera vers mon coeur?
Mes regards sont fixés sur elle;
La mer chante, et le vent moqueur
Raille l'angoisse de mon coeur.
text in english: http://www.recmusic.org/lieder/get_text.html?TextId=26898

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Top Comments

  • The all time greatest recording of chausson's masterpiece. Norman is divine, Jordan celebrates the flourishing melancholy of the work. A great moment in recording history.

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All Comments (5)

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  • Et l'auteur du poème ? Il s'appelait Maurice Bouchor.

  • I think she is perfect for Poème.

  • The gods of Walhalla knows how i adore Miss Norman, how i respect her, how many times she has make flood my tears: Adieu foret, Dialogue des Carmelites, La voix humaine, etc. But Chausson, even moments of madness for Wagner, is a french, his wagnerian influence became impressionist, so i feel his works are not little tetralogies and mus'nt be sung, specially this one, like Brunilhda. The strong wnderful Norman voice sound a quite excesive , cause Chausson is sweeter, softer, "frencher"...

  • impressive!

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