Sa jeunesse se passe en vase clos dans le 9 arrondissement de Paris auprès dune mère, aide-comptable, restée célibataire, et dune sœur, sa cadette dun an et demi. Son père, directeur d'une fabriqu...
Sa jeunesse se passe en vase clos dans le 9 arrondissement de Paris auprès dune mère, aide-comptable, restée célibataire, et dune sœur, sa cadette dun an et demi. Son père, directeur d'une fabrique de machines à calculer, marié à une autre femme, est rarement présent. Adolescente complexée et sentimentale, cest son goût pour la chanson et la découverte du rocknroll sur son poste de radio, qui lui font choisir à seize ans, une guitare en récompense de sa réussite au baccalauréat, en juin 1961. Aidée dune méthode sommaire, elle sessaye à poser quelques accords sur des mots qui traduisent ses états dâme et se met à rêver dun métier ayant un rapport, de près ou de loin, avec le milieu musical. Après une première année détudes supérieures à la Sorbonne, une annonce dans le journal France-Soir retient toute son attention : une maison de disques souhaite auditionner de jeunes chanteurs. Françoise obtient un rendez-vous et passe un essai qui reste sans suite. Avant de contacter dautres sociétés, elle s'inscrit au Petit conservatoire de la chanson de Mireille (elle y restera deux ans). Elle se présente ensuite chez les disques Vogue, un label qui possède Johnny Hallyday dans son catalogue et qui souhaite trouver son pendant féminin. Intéressé par son style, le responsable des auditions linvite à se perfectionner et lui donne des cours de solfège. Quelques mois après, à la mi-novembre 1961, le directeur artistique de Vogue lui signe un contrat. Le Petit conservatoire de la chanson est aussi une émission télévisée de lORTF et le 6 février 1962 « Mademoiselle Hardy » fait sa première apparition en public. Lenregistrement de son premier disque microsillon est bouclé le 25 avril. Il y a ladaptation française dune chanson américaine (Oh oh chéri), sur laquelle mise la production, et trois de ses propres compositions. Le super 45 tours sort au mois de juin et les quatre titres ne tardent pas à être entendus dans les postes à transistors. Trois mois plus tard, 2000 exemplaires sont écoulés.
La chanteuse se révèle en noir et blanc, sur lunique chaîne de TV, dans la soirée du dimanche 28 octobre 1962 — De nombreux téléspectateurs attendent les résultats du référendum sur l'élection au suffrage universel du président de la République — Dans lun des intermèdes musicaux, Françoise Hardy apparaît pour chanter Tous les garçons et les filles. Dès le lendemain et les jours suivants, le titre va se démarquer des trois autres sur les ondes radios et dans les juke-boxes et devenir un « tube » incontournable. À la fin de lannée, 500 000 exemplaires ont déjà été vendus. La presse s'empare du phénomène. Paris Match la met en couverture de son numéro du 5 janvier 1963 et la consacre nouvelle « idole » de la chanson. Ce succès, porté par la vague « yéyé », lui vient également de ses talents décriture et de composition, peu courants chez les nouveaux interprètes de ce début des sixties. Claude Lelouch, alors inconnu, la filme pour un des tout premiers Scopitone. Monaco la choisit pour défendre ses couleurs au Concours Eurovision de la chanson le 23 mars 1963 à Londres avec une de ses compositions, LAmour sen va (classée 5). Le cinéaste Roger Vadim la fait débuter au cinéma dans Château en Suède, daprès la pièce de théâtre de Françoise Sagan. Elle enregistre dautres disques, enchaîne les galas et les tournées, puis fait ses premiers pas sur la scène de l'Olympia (« Musicorama », organisé par Europe 1), à partir du 7 novembre — en covedette avec Richard Anthony durant 8 semaines.
Fin 1963, le 45 tours contenant Tous les garçons et les filles atteint le million de disques vendus et franchit les frontières. Traduite par Quelli della mia eta, la chanson connaît sensiblement le même score de ventes en Italie. Dans une moindre mesure, L'amore va (LAmour sen va) est le second titre qui séduit le public transalpin. Par ailleurs, la chanteuse y sera sollicitée pour participer à quelques films musicaux.
Ses chansons en anglais sont également bien accueillies Outre-Manche ; notamment Catch a Falling Star en 1964 puis deux adaptations de ses compositions en 1965 : However Much (Et même) et All Over the World (Dans le monde entier) qui est classé en en tête du Hit-parade. Cette même année, elle conforte sa renommée en Allemagne au lendemain dun show télévisé qui lui est consacré. La chanson, Frag den Abendwind gagne la faveur du public.