Debussy Piau La lune s'attristait

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Uploaded by on Jun 9, 2009

The moon was saddened. Seraphims in tears
dreaming, bows at their fingers, in the calm of filmy flowers
Threw dying violas of white sobs
sliding over the blue of corollas.
It was the blessed day of your first kiss;
My reverie, loving to torture me,
wisely imbibed its perfume of sadness
That even without regret and without setback
leaves the gathering of a dream within the heart that gathered it.
I wandered then, my eye riveted on the aged cobblestones.
When, with light in your hair, in the street
and in the evening, you appeared to me smiling
and I thought I had seen the fairy with a hat of light
who passed in my sweet dreams as a spoiled child,
always dropping from her carelessly closed hand
a snow of white bouquets of perfumed stars.

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
-- C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.

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  • J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli

    Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue

    Et dans le soir, tu m'es en riant apparue

    Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté

    Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gaté

    Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées

    Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.

    text by: Stéphane Mallarmé

  • the title of the piece is "La lune s'attristait"

    La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs

    Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs

    Vaporeuses, tiraient de mourantes violes

    De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.

    C'était le jour béni de ton premier baiser.

    Ma songerie aimant à me martyriser

    S'enivrait savamment du parfum de tristesse

    Que même sans regret et sans déboire laisse

    La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.

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