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Un jour un destin, Georges Marchais (NovyLef Channel)

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Uploaded by on Oct 6, 2011

Le camarade Marchais

par François Taillandier L'Humanité 29 Septembre 2011

Je me demande pourquoi j'ai été si ému, l'autre jour, par le documentaire télévisé consacré à Georges Marchais. C'est peut-être uniquement de la nostalgie, parce que la place du Colonel-Fabien au temps de sa gloire, le programme commun, tout ça, c'était pendant 
ma jeunesse, alors que pour mes enfants, c'est de la préhistoire. Je leur raconte que Marchais engueulait les journalistes aussi vaillamment que le fait aujourd'hui 
M. Mélenchon. Je leur raconte aussi 
qu'il dénonçait inlassablement
les multinationales, ce qui, tout compte fait, était plutôt perspicace. On peut même dire que la réalité a dépassé ses pires prévisions. Un peu de marxisme 
ne fait pas de mal.

Quoi d'autre ? Ce film était intéressant car il faisait apparaître un autre personnage que l'espèce de bouledogue sectaire souvent dépeint par les médias. Cela confirme ce que je tiens d'autres sources. J'avais été frappé par le portrait de Georges Marchais dans le beau roman de François Salvaing, Parti. Et plus encore par le témoignage de feu Jean Dutourd, avec qui j'en avais parlé ; Dutourd, le réac de service à France-Soir, tout occupé à canarder la gauche, avait rencontré Marchais, pour s'occuper de la Fondation Aragon-Triolet. 
« Il nous a invités au Grand Véfour... Ah, ils ne se torchent pas avec des briques, 
les communistes ! Et on s'est très bien entendus ! Ce type était drôle, malin... 
On était presque d'accord sur tout... »

Oui, tout ça est touchant, parce que 
les hommes sont plus compliqués que leurs idéologies -- et c'est tant mieux. Mais c'est peut-être encore autre chose qui m'a fasciné dans cette évocation. C'est la part de l'erreur dans les destins humains. Il y a un moment terrible : Marchais, depuis Moscou, justifie l'intervention soviétique en Afghanistan. « Le camarade Brejnev m'a dit... » Tous les témoins sont d'accord : Georges Marchais savait pertinemment qu'il fallait sortir de l'inféodation au PCUS. Alors, qu'est-ce qui l'a toqué, ce jour-là ? Le PCF allait payer très cher ce moment. (Sauf que nous y sommes toujours, nous autres, en Afghanistan, je le note au passage.)

Alors ?... Alors les combats humains. L'histoire qui est, sur le moment, illisible. Les erreurs, les regrets. Le dernier Georges Marchais avait manifestement de la peine, il pensait qu'il s'était trompé. Et nous, nous allions perdre un grand parti populaire, oh, certes, trop sectaire... Bien sûr... Mais on allait perdre un grand parti du peuple. 
Et je ne connais aujourd'hui que les cons pour s'en réjouir. Et je pense aussi que ça n'est peut-être pas foutu.

François Taillandier

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News & Politics

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  • JE NE SAIS PAS PKOI MAIS JE L AIME BIEN CET HOMME

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