Le fils du Shah se voit en « Juan Carlos » d'un Iran démocratique
Alors que l'Iran s'apprête à vivre une journée test, Rue89 a rencontré mercredi Reza Pahlavi, l'héritier en exil du Shah d'Iran, qui prédit que la « résistance non violente » des Iraniens finira par renverser le régime des mollahs.
Reza Pahlavi, qui est agé de 49 ans et vit à Washington, n'est évidemment qu'une des voix de cette opposition multiforme au pouvoir iranien, qui compte aussi des Républicains convaincus, des membres de l'aile réformiste du régime islamique, ou encore une extrême gauche armée. Il le reconnaît bien volontiers.
Mais il nous a semblé pertinent, alors que l'opposition mobilise de nouveau ses partisans dans la rue à l'occasion de ce jeudi 11 février, journée anniversaire de la Révolution islamique de 1979, d'entendre la voix de cet homme qui reste attentif et actif face à l'évolution imprévisible de son pays.
Dans son interview à Rue89, réalisée à Paris, près de l'Élysée, avec trois agents de sécurité français devant la porte du bureau où se déroulait l'entretien, Reza Pahlavi trace le scénario d'une transition démocratique en Iran. Pour lui, une hypothèse « à la Tiananmen », c'est-à-dire un écrasement de l'opposition par la force, n'est pas d'actualité dans un pays où des « failles » sont apparues jusque dans les forces de l'ordre, Gardiens de la Révolution ou miliciens Bassidj
Reza Pahlavi souhaite évidemment le premier choix, se voyant bien en « Juan Carlos de l'Iran démocratique ».
Mais il souligne que si la République était choisie démocratiquement par les Iraniens, il s'en accommoderait et estimerait avoir réalisé « 90% » de ses souhaits puisque « les Iraniens auront eu le choix démocratique de leur destin ».
Reza Pahlavi n'élude pas la question du régime de son père, le dernier Shah d'Iran, monarque absolu qui régnait d'une main de fer avec une police politique impitoyable, la Savak de sinistre mémoire, une occidentalisation à marche forcée, et un alignement sans nuance sur les États-Unis.
« Lui c'est lui, moi c'est moi »
Il réclame d'être jugé sur sa personnalité et sur son « bilan », faisant volontiers sienne la formule de Laurent Fabius à propos de François Mitterrand, « lui c'est lui, moi c'est moi ».
« Mes compatriotes font la différence, ils se disent : Reza Pahlavi a ses idées, sa propre vision, il n'a pas hérité génétiquement de la politique et des circonstances qui prévalaient du temps de son prédécesseur ! J'ai un bilan de 30 ans ! »
Et il confie avoir autour de lui plus de républicains que de monarchistes et travailler avec des gens qui ont autrefois combattu son père les armes à la main
Les sanctions appauvrissent le peuple, donc renforcent le régime
Interrogé sur la confrontation entre les pays occidentaux et l'Iran sur sa quête du nucléaire, le descendant de la dynastie Pahlavi reproche aux dirigeants américains et européens leur manque de vision. Il souligne que la « main tendue » (par Barack Obama) au pouvoir iranien n'a rien donné, mais que des sanctions sans objectif ne donneront rien non plus. Voire seront contreproductives :
« Si le peuple est appauvri, il exercera une moindre pression sur le régime. »
Seules les sanctions « laser » (ciblées sur les comptes bancaires des gouvernants à l'étranger, par exemple) sont selon lui efficaces.
Une main tendue au peuple iranien
Il conseille à l'occident une « main tendue au peuple iranien », à une société civile jusqu'ici ignorée, selon lui, par les pays étrangers.
Pour aider la transition démocratique en Iran sans s'immiscer dans les affaires intérieures du pays, il existe des moyens, plaide-t-il. Par exemple, faire pression sur des compagnies comme Siemens ou Nokia pour qu'elles cessent de mettre leurs technologies à la disposition du pouvoir (qui s'en sert pour traquer les opposants), alors que ces mêmes technologies pourraient aider plutôt les opposants à envoyer des emails sans être repérés
Reste une question à laquelle Reza Pahlavi n'a pas plus de réponse que nous : les monarchistes, combien de divisions dans la contestation iranienne ? Ceux qui manifestent contre les Mollahs ne revendiquent-ils pas l'héritage de la révolution de 1979 qui a renversé le « despote » ? Pahlavi voit les choses autrement :
« L'institution que j'incarne a toujours eu une importance profonde dans les mœurs, l'histoire, l'imaginaire social de ce pays. C'est un élément qui a su maintenir l'intégrité territoriale, dans un pays hétérogène en terme ethnique et religieux. »
Il rêve de pouvoir retrouver ce rôle « uniquement à titre symbolique ».
درود بر شاهنشاه فریدون کورش رضا پهلوی
Minuvash 2 years ago 4
نازنین مایی و بی صبرانه منتظر تغییراتی در وطنینم..........
Shiva250 2 years ago 2