Le travail de Michel Goudet convoque essentiellement le découpage et le collage mais surtout il accorde une place centrale au découpage, technique à laquelle aucune étude n'avait, jusqu'à présent, été consacrée, alors qu'il s'avère être un outil remarquable pour explorer ce que nous avons refoulé. Ainsi il est possible de découper dans une photo de corps une forme qui n'obéit plus à la réalité anatomique mais procède du fantasme et de donner naissance à un objet psychique proche de ce que perçoit le nourrisson ou le fou.
L'originalité de sa démarche a conduit Michel Goudet à élaborer un vocabulaire original pour désigner les objets auxquels il donne naissance. Ainsi il parle de corpsceaux ( corps et morceaux ), de coripeaux ( corps et oripeaux ), d'abstrobjets ( abstraction et objets ) et propose que celui qui pratique le découpage reçoive le titre de découpageur. Au-delà de l'innovation plastique ce travail s'avère être une manière de représenter notre être-au-monde actuel qui ressemble à ces découpures qui ont rompu tous les liens avec les autres et errent dans un monde sans sens.
C'est donc une œuvre singulière mais qui n'oublie pas ceux qui l'ont influencée, à commencer par Francis Bacon où le corps est déjà un objet psychique déformé par l'angoisse. Mais on pense aussi aux distorsions d'André Kertész et aux collages de Max Ernst, Jiri Kolar et surtout à ceux de Bernard Réquichot.
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