Le président américain Barack Obama a nettement marqué sa différence, sur de nombreux points, avec son prédécesseur George Bush mardi lors de son discours d'investiture à Washington. Lors de son discours d'investiture à Washington, le président américain Barack Obama a nettement marqué sa différence, sur de nombreux points, avec son prédécesseur George Bush. (Reuters/Jason Reed)
SACRIFICE OU SHOPPING ?
Héritant de deux guerres et de la pire crise financière depuis la Grande Dépression, Obama a clairement préparé les Américains à faire des sacrifices, ce que Bush avait rarement demandé. L'ex-président républicain avait exhorté au contraire ses compatriotes à "profiter de la vie" et à poursuivre leurs activités normales peu après les attentats du 11 septembre 2001 et n'avait guère insisté pour que les Américains délaissent leurs véhicules au plus fort de l'envolée des prix pétroliers.
Obama a parlé d'une "nouvelle ère de responsabilité" et "des devoirs des Américains envers eux-mêmes, leur pays et le monde", sans toutefois préciser comment ces derniers pourraient contribuer à cette mobilisation.
SÉCURITÉ NATIONALE
Obama a laissé entendre qu'il abandonnerait rapidement certaines des mesures de sécurité nationale les plus controversées de George Bush, qui ont suscité un fort mouvement de protestation dans le pays et terni l'image du pays à l'étranger. "Concernant notre défense commune, nous rejetons l'idée qu'il faille choisir entre notre sécurité et nos idéaux", a-t-il dit.
Le nouveau président a promis de fermer le camp de Guantanamo et d'interdire les méthodes poussées d'interrogatoire, comme le "waterboarding", une simulation de noyade souvent assimilée à de la torture.
Bush a été également critiqué pour avoir facilité les écoutes, auxquelles Obama a promis de fixer un cadre strict.
ALLIANCES OU DIPLOMATIE DU COW-BOY ?
Obama a adressé un message aux autres nations en insistant sur une diplomatie multilatérale, au contraire de ce que les détracteurs de Bush avaient appelé la "diplomatie du cow-boy" incarnée par la guerre d'Irak.
"Souvenez-vous que les précédentes générations ont tenu tête au communisme et au fascisme pas seulement avec des missiles et des chars, mais avec des alliances solides et des convictions durables", a déclaré le nouveau chef de la Maison blanche.
"Elles ont compris que notre puissance à elle seule ne nous protège pas et ne nous autorise pas à faire ce que bon nous semble", a-t-il ajouté.
QUITTER L'IRAK
Obama n'a pas spécifiquement renouvelé sa promesse de retirer d'Irak toutes les troupes de combat américaines dans un délai de 16 mois mais déclaré: "Nous commencerons à quitter l'Irak de manière responsable."
George Bush a longtemps refusé d'envisager un retrait d'Irak mais les progrès en matière de sécurité dans le pays et les pressions de Bagdad l'ont convaincu, à la fin de l'an dernier, de conclure un accord de sécurité avec le gouvernement irakien qui ouvre la voie à un retrait des Américains d'Irak d'ici la fin 2011.
FIN DE LA DOCTRINE REAGANIENNE?
Obama s'est démarqué de l'héritage reaganien de réduction du rôle de l'Etat que George Bush avait longtemps mis en oeuvre avant d'y renoncer l'an dernier, en peine crise financière, pour faire intervenir massivement le gouvernement fédéral à la rescousse des banques.
Obama prévoit un vaste plan de relance de l'économie, comprenant de grands projets de travaux publics.
"Ce que les cyniques ne parviennent pas à comprendre, c'est que le sol s'est dérobé sous nos pieds", a-t-il dit. "La question aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop grand ou trop petit, mais s'il fonctionne."
SCIENCE, SANTÉ ET CLIMAT
Barack Obama a répété ses promesses de campagne de réformer le système de santé et de privilégier la science et l'environnement, des domaines dans lesquels George Bush a peu brillé par son action aux dires des experts.
"Nous redonnerons à la science la place qu'elle mérite et nous utiliserons les merveilles de la technologie pour augmenter la qualité des soins de santé et diminuer leur coût", a-t-il dit. "Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire rouler nos voitures et tourner nos usines."
Obama a promis un rôle plus actif des Etats-Unis dans la lutte contre le réchauffement climatique et l'on s'attend à ce qu'il revienne rapidement sur la décision de l'administration Bush de limiter la recherche sur les cellules souches embryonnaires.
Source :
Version française
L'Express Jean-Stéphane Brosse
Merci EliteSoldierQc !
angedelile 5 months ago