www.festivalsdusud.com - 2010 - Tchoukotka - Ensemble folklorique national esquimau "Ergyron"

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Uploaded by on Sep 24, 2009

ENSEMBLE FOLKLORIQUE NATIONAL ESQUIMAU « ERGYRON »
REPUBLIQUE DE TCHOUKOTKA

Ce pays étrange, bâti sur la glace, semble « pendu » sur les cartes de géographie, au bout de la Sibérie entre la mer dOkhotsk et de Béring. Dans ce royaume de steppe et de glace, une partie décisive du jeu politique se joue. En face de lAmérique, les volcans du Tchoukotka surveillent un océan stratégique. En Extrême-Orient, lultime frontière russe est balafrée par deux chaînes de montagnes volcaniques dont lactivité est permanente. Les habitants indigènes sont des pêcheurs (saumon, phoque, baleine blanche), organisés en clans matrilinéaires et chamanistes (culte des forces de la nature).

Ce peuple, au nom de rêves et de froid, a longtemps été oublié par lhistoire. Il sagit pour lui de survivre à tout prix. A lorigine, cette population vient dune région située quelque part entre lAsie centrale et la Mongolie. De là, vers 15 000 avant Jésus Christ, profitant des redoux qui ont émaillé la fin de la longue époque glaciaire, une première vague dhommes préhistoriques avait émigré vers le nord-est de lAsie, le « pont de Béring ». Depuis, ses habitants, piégés par une histoire récente qui a porté atteinte à leur culture et à leur savoir-faire, étranglés par la crise de la Russie qui les oblige à se débrouiller avec les moyens du bord, défient lavenir : ils veulent vivre comme avant.

Parmi ces peuples, les esquimaux, habitants de cette terre qui composent lEnsemble folklorique national « Ergyron », ont fondé de nouveaux campements authentiques et différents du mode de vie que lon a essayé de leur imposer lors de la période soviétique. Ils retrouvent ainsi les clés de cette culture, que les anthropologues disent de « subsistance », qui fait de la survie dans des conditions extrêmes un remarquable art de vivre. Ainsi, la mémoire des anciens, longtemps ignorée, renaît au quotidien.

« Ergyron » fait revivre depuis 1968, année de sa création, les fêtes dautrefois. Les jeunes filles portent des robes aux motifs mandchous, mais cousues dans de la peau. Par la danse, les jeunes renouent avec une mémoire. Les danseurs imitent la nature. Leurs danses célèbrent la vie : lattaque dun ours, la chasse à la baleine, la naissance dun enfant, la beauté de lamour et de la toundra, en particulier dans la danse du « gaga », loiseau sacré qui plongea dans la mer et en ramena la terre. Ces danses, comme des prières, sont régies par des codes symboliques. Les danseurs vêtus dun manteau ou dune robe en peau de renne et chaussés des « torbosa », bottes traditionnelles avec des semelles de phoque, évoluent au rythme des tambours. Parfois un accordéon jette un pont entre la tradition et un début de modernité.

Juchés sur larrondi du pôle nord, les esquimaux communiquent toujours avec les esprits par la danse et la musique. Pendant ce temps, les rennes vénérés par les hommes, recherchent inlassablement leurs lichens et leurs mousses sous la neige. Sur cette terre, lhumanité est rude. La foi des chamans aide les hommes à poursuivre leur long chemin sur la neige.

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