Rabah President
SANS RANCUNE - Slam Poetry
Sans rancune 2004
Regardes toi chargée de violences
Ton visage est triste, tes extrémistes meurtries
Ils louent tous ta beauté, ta grâce
Moi je n'ai vu qu'une garce
Là où tout le monde voit un regard profond
Moi je vois le mépris et l'affront
Écoute ma douloureuse
Mais je t'en supplie
N'Y vois aucune haine
Si ce n'est le dépit d'un amant rejeté
D'un enfant abandonné, renié
Pour t'avoir vu radieuse, j'ai toujours su
Que tu n'étais qu'une torturée !
Triturée par les vicissitudes de ton histoire
Et j'ai fait l'indifférent...
Ma peine me suffisait
Oui, je n'ai jamais cru en notre guérison
J'ai voulu savoir le pourquoi
De chacune de tes blessures
L'étymologie de tes maux
Voir remuer tes cicatrices
Comme autant de lèvres endolories !
Faire le psy
Aller chercher dans ton enfance voisine
Tu es restée muette, affolée et muette
Mais on me l'a raconté
Comme tu étais belle, grande et blanche
Avec de longs cheveux qui dansent
Tellement de nattes qu'elles feraient de l'ombre
A mille soleils
Tellement intéressante qu'au prés de toi
Aucune fatigue n'appelait le sommeil
AMOUREUX, MOI
Mais je suis né de ton cœur
Je suis né de ton cœur
Et j'ai pleuré de te voir traîner ta peine
Les pieds dans les bottes de fer
Un pied sur le trottoir
L'autre en enfer
J'ai pleuré ta robe déchirée plus que ta peau
J'ai pleuré ta honte
Te voir résignée
Jusqu'à oublier
Le visage des kidnappeurs
Ceux qui t'ont élevé dans la peur
Qui t'ont arraché à ta merveilleuse famille
Pour te traîner loin de tes rêves
Je sais maintenant qu'ils arboraient le visage de l'amitié
Toi qui donnais ton dos au bâton de la confiance
Tu les connaissais
Tu as cru bien faire en les suivant
Rien ne justifie ma colère
Je t'en supplie, ne vois aucune haine
La rancune est le pire des défauts
La rancune est le coffre fort de la mémoire
Tu n'as jamais été rancunière, toi
Toi qui allaites en ton sein tes violeurs
Toi qui tends la main à tes égorgeurs
Mais tu négliges
Tu négliges, comme on t'a négligée
Tu négliges, comme on t'a méprisée
Tu déracine, toi la déracinée
Oui tu déracine surtout
Et dans ta générosité tu replantes pour les autres
Ailleurs
Des chênes, des hêtres, des arbres imposant,
Au feuillage vert
Creux et fragiles comme du verre
Toi qui veux tellement être aimée
Toi qui attends toujours après ta robe de mariée
Taillée dans le tissu de la blanche liberté
Je t'ai vu faire ta vierge effarouchée
Devant ces étrangers venus t'ausculter
Leur pitié entre les doigts
Alors que tu voulais plaire
Plaire sans prendre le temps de te faire belle ?
Comme tu es restée naïve mon ange d'hier
Tu n'es plus l'ombre de toi-même
Je n'ai plus envie d'être ton amant
Mais ton enfant t'aime quand même.
chaba esco
redamafiozo 2 months ago
@redamafiozo grazie oncle mafieu
lakri213 2 months ago