Krishnanattam (Inde -Théâtre rituel du Kerala), 14ème Festival de l'Imaginaire

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Uploaded by on Aug 24, 2010

Le krishnattam ou krishnanattam -- selon la transcription phonétique du sanscrit -- une forme spectaculaire rituelle, gardant valeur d'offrande, dans le temple de Guruvayur, au Kerala, se traduirait par « le jeu de Krishna ». Le personnage central, Krishna, un avatar du dieu Vishnu, lui même considéré comme une divinité primordiale, s'exprime par la musique, le chant, la danse et des gestes d'une grande élégance. Entouré par ses comparses humains, animaux ou monstres, il réactive son mythe -- de la naissance jusqu'à son ascension au ciel -- au cours de chacune des huit nuits successives, qui constituent la geste.

Une des fonctions du krishnattam se baserait sur un enseignement inculqué dans la grâce et provoquant des états de joie profonde. Krishna, l'amant absolu, à la peau couleur de nuit, capable de satisfaire le désir érotique de milliers de bergères, symbolise le rêve de toute créature du peuple, qui se reconnaît dans le gardien de troupeau, joueur de flûte ou dans la femme touchée par le ravissement. Doué d'intelligence profonde mais aussi de malice, il confond les adversaires et leur joue des tours.
Le personnage adorable et ambigu, pivot du drame dansé, n'en finit pas de susciter la dévotion et l'amour.

Une seule troupe existe encore. Autant dire que le transfert d'un tel rituel, hors du sanctuaire d'origine, et qui ne se produit, sans doute, qu'une fois par siècle (Festival des Arts Traditionnels, Rennes, 1977 et Festival de l'Imaginaire, 2010), provoque des questionnements locaux ainsi qu'une minutieuse préparation des acteurs-danseurs, tous des hommes, initiés depuis l'adolescence.

Comme certaines dramaturgies demeurant encore vivantes, le krishnattam, né de la superposition de formes populaires et classiques du Kerala, ne prend son nom et sa forme actuelle qu'au xviie siècle, sous l'impulsion d'un souverain lettré, le zamorin de Kozhikode.

La progression dramatique, d'une lenteur raffinée, produit chez les spectateurs locaux la béatitude d'une liturgie, même si certains n'entendent que le malayalam, la langue locale et non plus le sanscrit. Deux chanteurs jouant du chengalla (gong) et des elathalam (petites cymbales) ainsi que deux percussionnistes (maddalam) soutiennent les textes sacrés et la danse lente des hommes maquillés ou portant de lourds masques de bois.

Françoise Gründ

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Entertainment

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