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(Ciné-)transes du 23 au 26 juin au cinéma la Clef

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Uploaded by on May 30, 2011

Les hommes et les dieux n'ont jamais interrompu leur dialogue. Ce pourrait être la conclusion de cette étrange programmation à la fois éclectique et très resserrée sur la transe. Réprimée, refoulée dans nos sociétés occidentales, la transe ressurgit sur des territoires insolites. Phénomène protéiforme (extase, possession, chamanisme ...), il apparaît subrepticement dans la musique, la danse, le théâtre ou le rituel religieux. Chassez le surnaturel, il revient au galop ! Nombre de cinéastes ont voulu relever ce défi d'inscrire, de filmer, cet étrange rapport au monde qui est d'abord un voyage intérieur.
Jean Rouch évidemment, dont un documentaire rare, Horendi, filme les hommes qui se font chevaux pour parler avec les dieux. Raymonde Carasco, immergée dans les rites et peintures des indiens Tarahumaras. Gian Franco Mingozzi recueillant les derniers soubresauts de la taranta, rite d'exorcisme contre la piqure de la tarantule en Italie. José Agrippino de Paula qui retrouve la tradition du candomblé brésilien au Togo. La cinéaste expérimentale Maya Deren qui découvre dans les cultes haïtiens la chorégraphie rêvée pour sa caméra. Chacun de ces cinéastes a posé un regard d'intelligence intime avec ce qui se passait sous leurs yeux. Y reconnaissant une « surnature » humaine familière aux poètes, aux musiciens ou aux acteurs.
Ces approches de la transe qui toutes, débordent un cinéma ethnologique, appellent d'autres films, plus récents, qui mêlent eux aussi des formes appartenant à des époques et des cultures différentes. L'hystérie rock dans Black & white trypps#3 de Ben Russell, la foule planante de Woodstock de Michael Wadleigh, la cérémonie électro de Between the devil and the Wide Blue Sea, de Romuald Karmakar, l'enivrant pas de deux caméra-danseuse du Violin Fase d'Eric Pauwels, le foisonnant Parvis Beaubourg de Teo Hernandez... Dans le rapprochement voulu de ces films quelque chose d'indicible se dit. L'indicible de l'humanité.

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