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[2] La collaboration du PCF (1940) État Français

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Uploaded by on Dec 3, 2011

Juin 1940 : les négociations secrètes entre le PCF et les Allemands (deuxième partie). Rendez-vous avec X sur France Inter de Patrick Pesnot avec Monsieur X. 02.06.2007

« Juif Mandel après Daladier nous a emprisonnés. Fusillé des ouvriers qui sabotaient défense nationale. »
(Maurice Tréand, 1940)

Ce fut longtemps une question mystérieuse. Et aussi très polémique : est-ce que, aux premiers temps de l'occupation allemande, les communistes français ont réellement pris contact avec les autorités allemandes afin de demander la reparution de l'Humanité et, plus généralement, la légalisation du parti communiste dissout en septembre 1939 par le gouvernement Daladier ?

Aujourd'hui, on le sait, et les communistes l'ont reconnu et même ouvert leurs archives, ces contacts ont bien eu lieu, même s'ils n'ont été suivis d'aucun effet. En tout cas, la question était suffisamment embarrassante pour que, pendant de longues années, le PCF ait nié vigoureusement ces faits et imposé le silence.

Il était en effet difficile pour " le parti des 75.000 fusillés " - le chiffre est exagéré mais le sacrifice des communistes est bien réel - de reconnaître que certains de ses dirigeants avaient au cours de l'été 1940 conduit de véritables négociations avec l'Occupant. Difficile aussi d'admettre que le parti, fer de lance du combat antifasciste pendant les années 30, était prêt à, sinon collaborer mais au moins passer sans hésiter sous les fourches caudines de l'ennemi.

Pour expliquer ces errements, il faut bien sûr regarder du côté de Moscou qui dirige le parti communiste français par l'intermédiaire du Komintern, l'Internationale communiste.

Moscou où, à la fin août 1939, on a signé un pacte de non-agression avec l'Allemagne hitlérienne. Un pacte assorti de clauses secrètes qui prévoient entre autres le dépeçage de la Pologne.

Ce spectaculaire rapprochement entre les deux puissances de l'Europe orientale déchire les communistes du monde entier et provoque indirectement la dissolution du Parti français et l'arrestation de ceux de ses dirigeants qui ne sont pas encore passés dans la clandestinité.

Mais certains d'entre eux, arrêtés par la police, seront libérés dès le mois de juin, à la demande des autorités allemandes. Le commencement d'un coupable engrenage ?
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livre:

*Juin 40, la négociation secrète : les communistes français et les autorités allemandes
Jean-Pierre Besse / Claude Pennetier
Editions de l'Atelier
2006
« Cet ouvrage rend compte de la découverte d'un document d'un exceptionnel intérêt, historique pour l'histoire du communisme en France.

Retrouvé sous scellés aux Archives de Paris, un carnet de notes révèle l'argumentaire qui servit de base à la négociation entre Maurice Tréand, représentant du PCF, et Otto Abetz, représentant de l'occupant nazi en France, pour obtenir la reparution de l'Humanité et la légalisation de l'activité communiste en juin 1940.

Le texte de ce carnet de notes, reproduit intégralement dans ce livre, éclaire sous un jour nouveau la nature des tractations entre les responsables communistes et les autorités allemandes.

L'opposition du Parti communiste français à la guerre" impéraliste ", la défense du Pacte germano-soviétique, la condamnation des " gouvernements bourgeois " où figure " le juif Mandel " et l'implantation ouvrière du Parti sont les arguments présentés aux Allemands par la direction communiste pour conclure une alliance garantissant la paix sociale dans la France occupée.

Dès le 20 juin, une partie des négociateurs communistes est arrêtée par la police française puis libérée sur l'intervention des autorités allemandes. Ces négociations se prolongeront jusqu'à la fin du mois d'août, néanmoins dès la deuxième quinzaine de juillet, les Allemands doutent de la fiabilité d'un accord et les communistes commencent à comprendre le piège. Dans le même temps, la direction communiste publie clandestinement L'humanité et l'" Appel au peuple de France " dit " Appel du 10 juillet 1940 " demandant de ne pas accepter l'ordre vichyste.

Comment des responsables de la direction communistes comme Jacques Duclos et Maurice Tréand ont pu, à ce point, abandonner leurs convictions antifascistes pendant que d'autres, tels Gabriel Péri et Charles Tillon, refusaient de se compromettre et jetaient les bases d'un combat futur contre l'occupant ? A partir de 1941, pendant quatre ans, lés communistes massivement engagés dans la Résistance paieront chèrement " l'impôt du sang " ; déportations, fusillades, massacres, tortures... En 1949, un rapport du secrétariat du PCF, resté secret et que ce livre publie, condamnera explicitement les négociations de juin 40... »

*Quand le PCF négociait avec les nazis
Michel Lefebvre
Le Monde
09.12.2006 / 11.12.2006

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