Jécoutais, il y a quelques jours, «Les années lumière», lexcellente émission scientifique animée par Yanick Villedieu à la Première chaîne radio de Radio-Canada ce 6juillet 2008. Il sagissait dun reportage dÉtienne Leblanc sur la déforestation en Indonésie. Jy apprenais en effet quà cause de cette déforestation accrue, lIndonésie était passée au troisième rang des plus grands producteurs de CO2. Des chiffres, en voici quelques-uns : la déforestation correspond à 20% de la production de gaz à effet de serre dans le monde. Bornéo est une des plus grandes îles du monde détient de record Guinness de la déforestation avec 51 km2 par jour. À ce jour, 75% de ce qui était une des plus grandes forêts tropicales au monde est rasée à néant pour faire place à des cultures dhuile de palme destinée aux biocarburants. Ce constat est accablant et le WWF écrivait en février 2008 sur son site Web quen plus des problématiques de CO2 que le climat nest pas la seule victime de cette situation, les éléphants et les tigres de Sumatra sont de plus en plus menacés dextinction.
Terrible me direz-vous? Oui extrêmement et de mon côté, je suis allé me promener à la fin juin dans notre belle forêt boréale. Je suis revenu complètement déprimé de ce que jai vu. Si vous êtes de ceux qui pensent que notre territoire quatre fois plus grand que la France nous assure des ressources à perpétuité, jai une bien mauvaise nouvelle pour vous. En fait, non seulement Richard Desjardins nexagérait-il pas, mais en fait, je crois quil était en deçà de la réalité.
Je suis allé dans le parc des Monts Valin et plus particulièrement dans la Zec Martin-Valin à une cinquantaine de km de Chicoutimi. Faut-il le rappeler, les Zec ont été créées en 1978 dans le but de gérer pour le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) une zone d'exploitation contrôlée et s'engagent notamment à planifier, organiser, diriger et contrôler l'exploitation, la conservation et l'aménagement de la faune.
Je my suis donc rendu muni dune caméra et voici ce que jai tourné pour vous. Vous excuserez la mauvaise qualité du tournage, puisque celui-ci a été fait de la fenêtre de la camionnette en mouvement qui memmenait au lac Bouffon (peut-être en lhonneur du Ministère des ressources naturelles du Québec).
Ici, la forêt est considérée comme une ressource, un dû, une propriété de lhomme. Ce quil faut comprendre, cest que la forêt se définit ici que par sa matière ligneuse : larbre. On pense ainsi quen replantant des épinettes noires on crée une forêt quon récoltera ensuite dans 30 ans. Cette approche de la foresterie nie lensemble de la fragile biodiversité de la forêt et la réduit à ce qui est exploitable. Les terres sont rasées et laissées en friche où des feuillus de mauvaise qualité repoussent rapidement et modifient à jamais lensemble de ce qui nest plus une forêt. On laisse une bande de quelques mètres darbres autour des lacs pour en protéger les rives et les eaux donnant ainsi une apparence encore plus dramatique à cette scène de désolation.
Largumentaire de lindustrie forestière est qu«il faut récolter la ressource et ainsi protéger les emplois». Il faut plutôt lire : «pour plaire à nos actionnaires nous devons exploiter la ressource au maximum et à un minimum de coût sans égard à lenvironnement. À quoi je ne peux que répondre : si cette ressource avait été gérée intelligemment par nos gouvernements et nos compagnies forestières en la considérant comme une véritable richesse naturelle plutôt quune solution à des problèmes locaux demploi ou des pressions mondialistes basées sur la spéculation plus que sur la valeur réelle des choses, nous nen serions pas là.
Il faut être conscient de cette richesse qui n'appartient à personne si ce n'est qu'à la survie de l'humanité. Nous devons exiger quelle nous soit rendue dans son intégrité par ces exploitants(eurs) forestiers, et ce, nen déplaise à M. Chevrette, président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, qui parle encore de la récolte de la forêt comme sil sagissait dune forme dagriculture.
Linconscience nest pas un droit.
Merci pour votre commentaire henrysdog
Mais ce qu'on voit dans ma vidéo est une forêt complètement rasée.
Bien sûr des arbres vont pousser, mais une forêt est bien plus que des arbres et ce qui est en cause ici c'est l'extermination pure et simple de la complexe biodiversité de la forêt boréale qui elle ne se régénèrera pas.
Sylvain Allard
sylvainallarddesign 2 years ago