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« Buno ne parle pas. Il est lhomme davant linvention de la parole. Les petits bruits quil émet suffisent à dire ses joies, ses peurs, ses étonnements dêtre là, comme au premier matin du monde, comme au temps des premiers vagissements, des premiers balbutiements, des babils du nourrisson. Et puis, il y a les objets, leur méchanceté intrinsèque, disait Gide. Buno se bat avec eux et, grâce à détranges subterfuges, finit par les plier à sa volonté. Et puis il y a le corps. Capricieux lui aussi. Qui résiste à certaines performances.
Un corps à corps perdu et retrouvé
Mais Buno le clown est un obstiné. Sil échoue, il recommence. Il saffale sans se faire mal, saute par-dessus les obstacles les plus difficiles et se prend des gadins pour des riens. Comme tous les grands clowns, Buno se compose aussi un personnage. Sa tignasse rappelle Beethoven ou Einstein, son costume de cuir quelque rocker retombé en enfance. Mais, inutile de sétendre en vains propos. De vous raconter les inventions loufoques de cet artiste hors pair. Il ne faut pas parler des clowns, il faut aller les voir. Surtout celui-là. »
Rue du Théâtre
Yoland SIMON
http://www.ruedutheatre.info/article-21521882.html