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Malgré l'effort des initiés, le polythéisme n'avait abouti en Asie, en Afrique et en Europe qu'à une débâcle de la civilisation. Cela n'atteint plus la sublime cosmogonie d'Orphée si splendidement chantée, mais déjà diminuée par Homère. On ne peut en accuser que la difficulté pour la nature humaine de se maintenir à une certaine hauteur intellectuelle. Pour les grands esprits de l'antiquité, les Dieux ne furent jamais qu'une expression poétique des forces hiérarchisées de la nature, une image parlante de son organisme interne, et c'est aussi comme symboles des forces cosmiques et animiques que ces dieux vivent indestructibles dans la conscience de l'humanité. Dans la pensée des initiés, cette diversité des dieux ou des forces était dominée et pénétrée par le Dieu suprême ou Esprit pur.
Le but principal des sanctuaires de Memphis, de Delphes et d'Eleusis avait été précisément d'enseigner cette unité de Dieu avec les idées théosophiques et la discipline morale qui s'y rattachent. Mais les disciples d'Orphée, de Pythagore et de Platon échouèrent devant l'égoïsme des politiciens, devant la mesquinerie des sophistes et les passions de la foule. La décomposition sociale et politique de la Grèce fut la conséquence de sa décomposition religieuse, morale et intellectuel. Apollon, le verbe solaire, la manifestation du Dieu suprême et du monde supraterrestre par la beauté, la justice et la divination, se tait. Plus d'oracles, plus d'inspirés, plus de vrais poètes : Minerve Sagesse et Providence se voile devant son peuple changé en satyres, qui profane les Mystères, insulte les sages et les dieux, sur le théâtre de Bacchus, dans les farces aristophanesques. Les Mystères eux-mêmes se corrompent ; car on admet les sycophantes et les courtisanes aux fêtes d'Eleusis. Quand l'âme sépaissit, la religion devient idolâtre ; quand la pensée se matérialise, la philosophie tombe dans le scepticisme.
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France