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From: AnnaderWald
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  • Paris, le 28 octobre 1846.

    Cher bien aimé ,

    Je me croirais très coupable de te révéler les tortures dont je suis déchirée ici nuit et jour, mais ne les as-tu pas toutes devinées. Ne sais-tu pas qu'en effet et depuis longtemps, je n'espère pour cette chère enfant que parce que Dieu est grand et se laisse quelques fois fléchir à d'ardentes prières, mais ni les médecins que je n'ose interroger, ni rien de la terre ne m'aveugle sur l'immense danger de cette maladie fatale.

  • Pèse donc ce qui s'est passé en moi de terreurs dans mes nuits solitaires, et tu seras épouvanté, ou plutôt tu te convaincras de la réalité de mon courage, de mon profond amour pour vous tous que je ne veux pas abattre par mon désespoir, et des efforts sincères que je fais pour remplir ma tendre et terrible mission, sans vous appeler à en partager trop vivement les fatigues douloureuses ....

  • Mes pauvres ailes tendues vers toi sont à tout moment repliées...Je ne respire que quand cette charmante petite fille me laisse y respirer.

    Je ne te donne aujourd'hui aucune nouvelle. Les mauvaises, tu n'en sais que trop ! les bonnes sont rares. Pour moi je marche avec une volonté plus forte que la mienne !

  • Je ne perds jamais de vue le besoin que ton coeur, souvent triste , a de l'ardente affection du mien.

    Je prends loyalement quelque soin de ma santé pour toi, et je t'embrasse ! cent fois par jour ! .

    Marceline.

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